Poser les bases d’un jeu vidéo – 3

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Une fois l’idée de jeu trouvée, la séance de brainstorming – qui est plus ou moins longue et complexe suivant l’importance du projet – laisse place à la définition de l’objectif principal pour le joueur.

Vous voulez montrer que les additions sont cool pour remotiver votre classe de CE1 ? Dénoncer les inégalités salariales entre hommes et femmes ? Faire un plateformer avec votre enfant en personnage principal ? Ou créer le prochain Minecraft ?

Tous autant que vous êtes, hop, au boulot ! Et trouvez-moi l’objectif principal dans votre jeu. Go for it !

Clairement, Wonder Woman s’apprête à relever un challenge de taille puisque son objectif est ici de de combattre une créature invincible et maléfique dont les studio Marvel ont le secret. Mais dans un jeu, l’objectif peut très bien être d’aller chercher le pain à la boulangerie du coin.

Inutile de définir un objectif épique pour obtenir un bon objectif.

De plus, il faut qu’il soit en accord avec le message que vous souhaitez faire passer si tel est votre cas. Pour reprendre l’exemple des additions, donner pour objectif au joueur de vaincre le monstre des additions n’est peut-être pas la meilleure idée. Après tout, les additions aussi ont une réputation à défendre ! Et rien ne vous empêche de transformer les additions en super pouvoir pour se défendre contre une menace.

Un objectif doit être simple et soutenir l’intention derrière votre jeu.

Pour l’histoire de Naoma que je souhaite adapter en jeu dans le cadre du MOOC introduction au game design, l’exercice peut paraître simple : résumer en une phrase l’essence du récit. En vérité il ne l’est pas, tout comme trouver un objectif clair n’est pas facile.

Essayez encore et encore jusqu’à ce que vous sentiez que, ça y est, c’est simple, c’est impactant, vous y êtes arrivé.

Surtout, n’hésitez pas à continuer votre démarche de création de jeu dès que vous avez trouvé quelque chose qui vous satisfait. Si vous n’êtes pas sûr de vous, il sera toujours temps d’ajuster votre objectif par la suite. Ou même de le revoir totalement. Pour ma part, le premier objectif que j’ai trouvé était : mener Naoma jusqu’au dragon. Oui, après tout, qu’est-ce qui est plus cool qu’un dragon ? Sauf que… Trouver le dragon n’est pas la raison d’être de Naoma. Naoma est une messagère. Alors que j’étais entrain de créer mon jeu, j’ai du revoir mon objectif.

Maintenant, l’objectif dans mon jeu est d’aider Naoma à délivrer son message au crieur de rue.

Pour récapituler, votre objectif doit :

  • tenir en une phrase
  • servir votre message
  • résister aux étapes à venir

A très vite pour la suite 🙂

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Poser les bases d’un jeu vidéo – 2

Pour le premier épisode, c’est ici.

Trouver une idée de jeu, ce n’est pas simple, n’est-ce pas ? La solution la plus évidente : le brainstorming. Seul ou à plusieurs, ne vous attendez pas à obtenir l’idée du siècle. Mais ça tombe bien, ce n’est absolument pas ce que vous recherchez 🙂

Pour ma part, inutile de brainstormer. J’ai dans mes cartons des tonnes d’histoires qui ne demandent qu’à germer. Tant pis si elle n’est pas d’accord, mais j’ai jeté mon dévolu sur Nomade, l’histoire de Naoma, une ado qui a un gros côté « chien dans un jeu de quille ».  Si j’ai choisi ce récit, c’est surtout parce que je l’ai tellement trituré que le pauvre est devenu d’une complexité sans nom. Une bonne séance de simplification lui fera le plus grand bien :p

N’oubliez pas : restez dans la simplicité !

Vous aussi je suis sûre que vous avez dans votre entourage des trucs qui traînent et qui ne demandent qu’à devenir un jeu. Un récit, oui, mais aussi la préparation de votre café matinale, une feuille d’arbre qui tombe par la fenêtre, les voitures qui klaxonnent dans la rue, etc. Vous pouvez aussi regarder dans votre contexte de travail ou dans la direction de ces causes que vous aimez défendre. Vous avez forcément un sujet qui vous tient à cœur et que vous aimeriez partager. N’ayez pas peur de le faire par le jeu vidéo ! Il s’agit d’un média comme un autre après tout.

Le jeu vidéo est un média comme un autre.

Si vous préférez un sujet sans conséquence et pour lequel vous ne passerez pas des heures à vous demander si vous lui faites honneur, il existe des méthodes de brainstorming.

Partir d’un mot et créer une mindmap en fait partie. Ce mot pouvant être totalement aléatoire. N’hésitez pas à vous poser des contraintes, de là naît la créativité. Il peut s’agir d’un thème, d’une mécanique de jeu, d’un instant de vie, d’une problématique, etc. On parle de création, ici, tout est bon pour provoquer le déclic. Et surtout, n’hésitez pas à sortir une feuille blanche et un crayon et à griffonner sans conséquences.

Dans le cadre du MOOC introduction au game design, le thème est laissé libre mais l’exercice proposé impose de réaliser un jeu entier qui tienne sur une feuille A4 (plateau de jeu et règle incluses). Seuls deux dés sont autorisés en plus. Personnellement, pour rester simple je trouve ça parfait !

Reste, à partir de l’histoire de Naoma à identifier un objectif clair pour le joueur. Ce que nous verrons dans la prochain article 😉

Poser les bases d’un jeu – 1

Souvent entre ces pages je vous ai assuré que tout pouvait être gamifié ou faire l’objet d’un jeu vidéo. Parce qu’il n’y a rien de tel que les faits pour asseoir mes propos, je vous propose de tenter l’expérience avec un récit que j’ai dans mes cartons. Côté méthodologie, j’en profiterai pour suivre le MOOC Introduction au Game design mis en ligne sur Coursera et animé par l’université des arts de Californie.

Cette semaine dans ce MOOC – qui se présente sous de très bons auspices – nous avons vu comment poser les bases d’un jeu en quelques coups de crayons. Pour cela, surtout, rien de compliqué !

Faire simple est la règle numéro une.

Facile à dire, hein ? Alors voyons maintenant comment nous y prendre à l’aide d’un exemple sorti tout droit des heures les plus sombres de l’humanité :

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Le bilboquet.

Je n’ai pas trouvé toute seule cet exemple. Fran Krauz qui présente le MOOC s’en est chargé pour moi mais parce qu’il est très parlant je me permet de le réutiliser ici.

Ce qu’il nous apprend sur un jeu (vidéo ou non), c’est que pour commencer, il lui faut un objectif clair et facile à identifier : placer la boule en équilibre sur le pic. A voir l’objet entre nos mains, on se rend rapidement compte qu’il n’est pas facile à atteindre, les lois de la physique jouant suffisamment contre nous.

En plus de cela, pour assurer au jeu une durée de vie qui ne soit pas trop ridicule, il est préférable que cet objectif présente des niveaux de difficultés croissants, comme ces emplacements plus accessibles qu’on voit sur le côté du bilboquet. On en discutera plus tard, mais vous aussi vous devrez trouver des obstacles à la progression de votre joueur.

Pour relever ces challenges croissant, le joueur devra faire appel soit à la chance, soit à ses compétences. Un peu comme dans la vie de tous les jours, en somme. Même les héros ont régulièrement un coup de pouce du scénariste pour se sortir des situation les plus compliquées.

Aux échecs, les compétences prévales quand la victoire à la roulette ne tient qu’à la chance

Voila, nous n’avons besoin de rien de plus pour nous lancer dans l’aventure ! Et surtout pas d’une idée de jeu parfaite. Un brainstorm, des discussions avec des amis, une question soulevée sur le terrain, et paf ! La matière est là. Quelques lignes suffisent pour tracer les bases d’un jeu palpitant.

Contentez-vous de résoudre un à un les problèmes qui se présentent sur votre chemin.

En vérité, les problèmes  ont une mauvaise réputation. Ils ne sont rien d’autre que des zones obscures dans votre jeu qui méritent votre attention. Chaque fois que vous y serez confronté, votre jeu en ressortira amélioré.

Quand à moi, je m’en vais définir l’objectif principal de mon histoire. J’ai du boulot !

A demain pour la suite de cet article.